Les Chroniques de Dragonia

Un monde imaginaire, recueil de nouvelles fantasy

16 août 2006

Errance

Errance


ArbresIl se tenait sur le tertre
A ses pied s'étendait la plaine.
Depuis la nuit des temps, elle était modelée par un vent dominant, comme pouvait en témoigner la végétation rase. Les seuls arbres qui avaient résisté, présentaient des formes torturées, courbés sous la puissance de l'élément.


Pourtant, à cet instant même, il n'y avait aucun souffle.
L'air, comme les hautes herbes, étaient immobiles.
Le temps même semblait suspendu, dans l'attente d'un évènement improbable.
En serait-il l'instigateur, ou bien l'instrument ?
Peut-être même se dresserait-il fièrement, comme ces arbres, contre ce qui semblait un cataclysme imminent.
Il n'aurait su le dire à ce moment là.
 Mais quelque chose l'avait poussé ici, ou était-ce plutôt quelqu'un ?

L'astre du jour terminait sa course, plongeant derrière l'horizon,
inondant une dernière fois le paysage de sa couleur d'or.
edorasLe vent du nord balaya de nouveau la plaine.
 La tension avait disparu, les bruits de la nuit s'élevait à la place.
 Il tourna alors le dos à la scène, ne sachant pas s'il avait raté l'évènement, ou s'il en avait été le témoin ignorant.
 Peut-être ne le saurait-il jamais.
Disparaissant dans la nuit sans lune, son esprit ne trouva point le repos.

>Hyunkel<

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19 novembre 2006

Temps perdu

Quelle notion immatérielle que le temps : nous ne le voyons et ne le ressentons pas.
Et pourtant, il agit sur tout, et c'est ainsi que nous le percevons : sur notre être, notre vie, et le monde qui nous entoure.

Doit-il pour autant se résumer à des secondes qui s'écoulent, inlassablement, des jours qui passent, des saisons, des années ... Ou peut-être plutôt à un fleuve, indomptable, dont nous ne pouvons que suivre le courant, et regarder en arrière ou vers avant, espérant voir dans le passé nos erreurs ou notre bonheur, et dans le futur un avenir meilleur.
Mais nous ne pourrons jamais en être sûr, car il avance et change, en permanence.

Et finalement, lui qui est si précieux, ne le laissons-nous pas filer ?
Combien de fois restons-nous ainsi, à ne rien faire, libérant notre esprit, et attendant une idée, une nouvelle option, ou simplement l'apaisement.

Alors le temps passe, et nous n'y pouvons rien.
Certains craignent de voir la fin se rapprocher, et de l'avoir perdu à jamais.
Les autres, au contraire, ont l'espoir qu'un jour, ils réalisent que tout n'est pas fini, et qu'il en reste assez ...

>Hyunkel<

 

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21 avril 2007

Âmes soeurs

cerisierTels de délicats flocons de neige, les pétales des fleurs de cerisiers recouvraient les champs alentours, déjà emplis d'une multitudes de teintes printanières.
La joie de vivre ravivait le coeur de chacun après un hiver rigoureux.
Le parfum des grappes mauves de glycine qui serpentaient sur les treilles était enivrant.
Mais elle, ignorait cette beauté, comme les rires de ses camarades.
Elle ne comprenait pas pourquoi ce bonheur ne l'envahissait pas, pourquoi elle ressentait ce vide, ce manque au fond d'elle, que nul plaisir à sa portée ne semblait pouvoir combler.
Elle n'était pas malheureuse, rien n'aurait pu le justifier, mais son âme réclamait quelque chose qu'elle ne pouvait satisfaire, une souffrance silencieuse.
Elle porta son regard vers le lointain, laissant les rayons de l'astre diurne réchauffer son visage et son être.

orageSes yeux étaient tournés vers l'horizon, presque indissociable des lourds nuages noirs.
Le tonnerre gronda au loin.
La pluie tombait drue à présent, s'immisçant dans tout son corps, lui glaçant les os.
Mais il ignora cette gêne, tout comme le champ de bataille autour de lui : la fumée, le sang et les morts.
Il tenait fermement son épée en main, comme pour s'assurer d'être toujours en vie, car son âme était désemparée, son esprit vidé.
Il avait pensé que le combat aurait été la seule chose qui lui restait, et qui pourrait combler ce manque. Il aurait souhaité ne jamais en finir, ou peut-être y mourir.
Mais au plus profond de son coeur, une flamme demeurait ardente, un espoir qu'il ne comprenait pas. Comme si un destin différent lui était accordé, mais qu'il ne savait pas comment l'atteindre.

Deux âmes soeurs se cherchent, et seul l'avenir saura les réunir.
Aussi difficiles seront les épreuves, aussi longue sera la route, aussi improbable sera la rencontre : deux âmes soeurs se cherchent, et un jour se trouveront.
Alors seulement elles combleront ce manque qu'aucune ne comprenait.
Deux âmes soeurs se cherchent, et ensemble ne feront plus qu'un.

>Hyunkel<

Posté par hyunkel à 22:10 - Textes Divers - Commentaires [2] - Permalien [#]
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